Fashion & Design Tendances Lab

A bicyclette

12 décembre 2010

Pédaler dans le yaourt transforme le rien en rien

Dans mes magazines préférés, je me suis arrêtée sur quelques publicités, qui révèlent bien plus que tout ce que l’on peut imaginer… oui bien plus que les collections Croisière déjà en boutique, bien plus que le déroulé de l’accouchement d’Estelle Lefebure le jour de ses 45 ans… et là mon cerveau se met à pédaler (et ce n’est pas peu dire, pour une blonde, qui ne pratique que les transports en commun parisiens…) Sans le savoir (quoique ?) et sur deux continents aux us et coutumes totalement différents, est née une tendance similaire, aux Etats Unis (chez Michael Kors et Gant), et en France (chez Lanvin). Un goût pour le mouvement, pour la vie qui avance, pour l’amour qui grandit. Quoi de plus symbolique de l’évolution en marche… que la Petite Reine !

Oui la bicyclette vous prend par le bout du cœur, vous prend par les sentiments… elle vous oblige à garder l’équilibre (ou pas). Je comprends à présent toute la puissance de l’amour qu’il y a dedans. « Ma petite reine » c’était le surnom que ma grand-mère Madeleine me donnait lorsque j’étais enfant. Rien à voir finalement avec le symbole du loisir individualiste et écologique de cette fin de siècle ….

La bicyclette, finalement c’est une histoire de cycle, meuh non pas de cycle féminin ! Car un cycle n’est pas une roue. Ses rayons indi­quent la vitesse : à l’arrêt, on peut les compter un par un ; en route, ils sont une masse  argentée, indiscernable à l’œil. C’est ça la vie : l’invisible, l’indiscernable, l’irréductible…

Alors je m’interroge, à quel couple aurais-je envie de ressembler ?

 

Définitivement celui de Michael Kors ! je m’imagine bien à Central Park par une belle journée de septembre new yorkaise, il fait 19°… je suis entourée de Love, de chevaux, de vélos … ensuite parce que l’éphèbe qui ne pédale pas, même si on ne le voit pas nettement, il a l’air d’une bombe, il transpire quelque chose de viril, de sexuel même cet éphèbe, il sent bon le sable chaud, le sable froid, d’ailleurs il a une tête à sentir bon de partout, on a envie que ce soit nous qu’il embrasse, que cette cuisse soit NOTRE cuisse… bon, on se calme! La bicyclette pourrait représenter ici l’équilibre intérieur, le moment où l’on se pose, bref la grande décision! ELLE sur le vélo a envie de se projeter, LUI à pied, retient et la machine et la dulcinée, il a peur de s’engager. L’ima­ginaire de cette bicyclette s’apparenterait à ce double élan, du passé ressassé et de l’avenir en marche… la peur de se planter et la volonté de quand même se lancer ! à ceci près qu’aux States chaque détail a son importance : on ne se lance pas comme ça dans la vie de façon débraillée, point de robe pour pédaler, à NYC on ne montre pas ses genoux, ou sa culotte, on parle le langage citadin, en bottes et pantalon.

En France, chez Lanvin, on retrousse ses jupons, parce qu’on est hypra libérés et qu’on croit à l’amour blanc nacré. La bicyclette génère ici une pensée de mouvement. La marche en avant de l’individu. Une marche en avant qui fait appel à nos propres forces physiques – pas à notre moteur ecoFLEX essence, 1.4 litre, 100 cv avec émissions de CO2 de 129 g/km seulement de notre Opel Astra –  et représente en ce sens les moyens personnels que nous devons mettre en œuvre pour avancer dans la vie …

Ce duo là ne me fait pas envie, on sent le  jeune couple qui vascille mais qui s’apprête quand même à se marier … on présage également l’égoïsme de l’Homme qui déjà se garde la meilleure place, en exposant sa future épouse à d‘énormes risques, ruiner ses Louboutin dans les rayons, une moitié de fesse sur la roue avant ! (bon elle, ça la fait rire… Hihihi ce que c’est drôle de faire les cons aux Tuileries… ouais ouais on en reparlera dans quelques années !) lui en rajoute : sur la pointe des pieds ! ça ne rassure pas non sur l’équilibre de l’Apollon, pas davantage sur sa maîtrise du deux roues entre parenthèses, non franchement ce couple là ne transpire pas la fiabilité ! (divorce programmé dans les 3 ans)

Chez Gant, on surfe sur la vague Healthy « t’es mon copain pour la vie » donc je ne vois pas trop ce que je viendrais faire dans ce viril tableau, remarquez j’ai bien une idée, mais ça me ferait mal que mon blog soit censuré ! La bicyclette ici pourrait être la médiation: non parce qu’elle permet d’aller d’un lieu à un autre (la fac-la cafète, la cafète-la fac) ou d’un temps à un autre (est-ce que tu viens pour les vacances ?), mais parce qu’elle est un moyen pour l’enfant de sortir de l’enfance et pour l’adulte d’y re­venir. Nos deux chouchous semblent ici être à mi chemin entre l’un et l’autre… Au sortir de l’enfance, à un moment où ils apprennent que “ pédale ” désigne aussi autre chose qu’une partie visible de la bicyclette.

Oser m’interposer entre ces deux camarades de Chino ?! que nenni ! frères de croupion ou frères de sang, ces deux potos ont l’air de pouvoir compter l’un sur l’autre, et dans le mot bicyclette je vous le rappelle il y a Bi… comme si un était deux.

Une tendance qui n’est pas un hasard donc, ces trois bicyclettes ont clairement quelque chose à nous dire, une volonté d’avancer avant tout, l’idée que se mouvoir est un gage l’équilibre, même si on part dans le décor, ce ne sont que des mauvaises nouvelles, des misères de la vie, en aucun cas une chute pour cause d’immobilisme…

C’est pourquoi aujourd’hui je voudrais répondre au Dr Tissié qui en 1888, disait dans L’Hygiène du Vélocipédiste que la bicyclette « expose la femme à des dangers d’ordre intime de la plus haute gravité et détail horrible, elle les enlaidit » je voudrais donc lui dire à quel point notre intimité se porte bien, et l’invite à constater ses effets sur la beauté des courbes féminines: Le mollet s’est musclé, étiré, affiné. Et sur notre santé : le souffle est régulier, les sens sont en alerte (réflexes de survie, apnée dans les embouteillages, rétines réceptives à l’appel de la vitrine) enfin sur notre situation matrimoniale (cette proximité au feu avec l’automobiliste)

La bicyclette donc, change les esprits et est ancrée — non pas dans la beauté — mais dans la vie Monsieur Tissier ! Et je nous souhaite encore de longues années juchées sur nos vélos à lutter contre le temps, le vent, la mort et la vieillesse !


 

J’ai travaillé mon comptant, Françoise Pétrovitch

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8 Comments

  • Reply Lili Rose 14 décembre 2010 at 9 h 46 min

    Génial cette idée de bicyclette ! d’ailleurs lorsque les femmes ont le droit de l’essayer, naît une guerre sans merci entre la jupe et le vélo ! L’affaire est réglée elles porteront un bloomer, pour cacher leurs avantages. Comme quoi, la machine devient outil de libération pour les femmes. Alors que bien sur elle a toujours été acquise pour les hommes !

  • Reply Fabien 9 mai 2011 at 22 h 06 min

    Bon ! il me faut : les lunettes de l’éphèbe, sa montre, j’arrête de me raser et je vais faire des abdo DE SUITE !
    Voilà !
    (super sujet, je suis bluffé…)

  • Reply Janine Z. 23 mai 2011 at 20 h 42 min

    La meilleure place vous dites.Je connais quelqu’un qui s’est
    permis de demander sa future en mariage,allongé de tout son
    long du bon côté de la baignoire,alors quelle,elle était
    assise sur le syphon!Chercher le personnage!

  • Reply christiane 25 mai 2011 at 10 h 07 min

    Intéressante l’analyse des pubs, moi aussi c’est celle que je préfère « Michael Kors » ! couleur d’automne … même si je la vois au printemps … le mec, on le voit pas trop, juste une silhouette, on peut imaginer ce qu’on veut … C’est stable, posé, on y croirait presque, à part ce rien d’affectation comme dans toutes les pubs !
    Malgré tout, je me pose la question : des talons aussi hauts …. pour pédaler, je suis pas sure que ça le fasse !

    Celle de Lanvin !!! je me demande comment ils ont fait pour tenir dans cette position, même le temps d’une photo ! Je ne leur donne que 2 ans ! Et encore …

    Et la dernière, le mec à la casquette … non, vraiment pas ! En tout cas, c’est pas mon style.

    Dernier commentaire : qu’est-ce que c’est « Gant » ? une pub pour quoi ? et « Michael kors » ? Y’a que Lanvin qui me parle avec son flacon en premier plan ! Mais je suis publiphobe !!! ceci explique cela !

    PS : La dernière illustration : l’aquarelle ! J’aime assez !!!

  • Reply christiane 26 mai 2011 at 9 h 38 min

    Une encre !!! encore plus difficile que l’aquarelle …

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