Fashion & Design J'ai testé

Le coiffeur de Roger Federer

5 janvier 2011
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Pure Aveda

Il faut que je vous raconte mon expérience chez le coiffeur officiel de Roger Federer !

J’arrive à Bâle – bon j’ai pas de mérite, je connais un peu – dieu que cette ville est un cauchemar en voiture, toujours des travaux, je passe la frontière, ensuite je tourne à gauche et je dépasse le hangar des junkies, je me gare au Storchen, le seul endroit où je sais me garer dans la city!

Je grimpe à pied la côte de 1km (le prix à payer pour avoir sa petite place au Storchen en plus des 30 mn de file d’attente) L’avantage c’est que sur les hauteurs du Spallenberg, les plus belles boutiques me font des signes pour que je m’arrête, polie. je leur réponds. Rive Gauche la boutique où les chaussures italiennes sont plus chères qu’en France, des sacs Bottega Veneta en veux tu en voilà, je vous passe les joailliers, toutes ces Rolex qui clignotent en vitrine …

Arrive Hermès : oouuhhh ce petit carré il est bien mignon, pas mal aussi la gourmette, puis la célèbre boutique 3 Pommes, (Lanvin, Marni, Prada … ) le grand « brandvertige » puis je tourne à gauche, la vitrine Jil Sander me parle, les vitrines Jil Sander me parlent toujours, elles irradient de couleurs pures, quoi de plus efficace finalement que la coupe impeccable d’un petit manteau bleu électrique ou jaune citrine.

J’arrive au Salon AVEDA. Un « spritz » d’huiles essentielles bio me fait passer dans le côté obscur de la force, nous conviendrons de l’appeler ici « délice »… je sens que je vais passer un pur moment, dorlotée par les mêmes mains expertes que celles qui ont dorloté Roger, quelques mois avant moi…

Dress code noir, parquet ébène, murs blancs, des recettes minimalistes mais bienveillantes, le staff à l’accueil n’attendait que moi évidemment, je parle anglais, c’est plus chic, et surtout y a pas tellement le choix (rassurez-vous le salon compte quand même bon nombre de francophones (Guy, Audrey, Sandrine, Sophie, Luis…)

Puis la douce musique de la langue du pays s’empare de mes douillettes oreilles : le suisse allemand de Roger, gutural et éructant, qui vous ferait à tout jamais regretter d’être verbeux. Ça y est le « Gruzzi »  est lancé , c’est chouette Gruzzi j’adore ce mot, ça veut dire bonjour ! Gruzzi, je vais essayer de le replacer à l’occasion dans une conversation :

« mon cher Gruzzi j’accuse réception de votre message, dont je vous remercie »

« le bon la brute et le Gruzzi »

« je t’en prie reprends donc un peu de Gruzzi »

Parce que mes cheveux le méritent, j’ai rendez-vous avec Guy the Art Director !

Un métisse géant de d’1m98 (je sais je le lui ai demandé) m’accueille en me proposant d’emblée un thé, puis il pose sa main (qu’il a fort grande) sur ma tête (que j’ai fort petite) et là j’ai l’impression étrange qu’un poulpe a fait de mon crâne sa maison. Nous parlons masse, court, long, beige, adaptation à mes formes… ça me plaît bien. Puis Guy demande à Patrick de me faire un rituel … en allemand !

J’ignore comment être réceptive à ce fameux rituel, mais malgré un papa allemand, le mien est piteux… puis au moment où les flacons d’huiles essentielles défilent devant mes narines, je comprend que dans ce rituel je n’aurai pas besoin de parler … Youhou ! Flacon bleu, je choisis l’arôme qui calme, j’en ai bien besoin, les serviettes noires sont lovées sur mes épaules pour ne pas huiler mes vêtements, le massage peut commencer… les yeux fermés, je me laisse envahir par des effluves qui rendent amnésiques, mes épaules roulent sous les doigts de Patrick, puis ma nuque, mes cheveux, là je sens que j’ai un peu la chair de poule, et que Patrick doit doucement rigoler (en allemand forcément)…

Ellipse


Audrey la coloriste est un ange et ses yeux sont verts, elle prend la relève, me parle des notes jaunes dorées de ma base, qu’il faudrait estomper, et que faire scintiller mon blond avec un beige cendré serait du plus bel effet ! convaincue je la suis dans les Highlights…Une technicienne hors pair, capable de composer un tableau avec des mèches de couleurs différentes sur la même tête (balèze hein ?), d’obtenir la couleur parfaite, seul point négatif, mon aura dégringole lorsqu’elle transforme ma tronche en œuf mayonnaise avec son cellophane !

J’ai tout, des sourires, du thé aux notes de réglisse AVEDA, des revues suisses, américaines, des documents de communication «  AVEDA the art and science of pure flower and plant essences », je me laisse faire, le passage au shampoing est une sieste massante (shampoings sans paraben aux senteurs divines), je rêve à la tête que j’aurai en sortant, et imagine bien volontiers le bonheur des clientes du SPA au sous sol …

Ça va, ça vient, dans un calme olympien, quelques « grubt shlagt steuren » au passage, ils sont au moins une vingtaine dans ces espaces immenses… L’accueil, le comptoir de produits, le salon d’attente, la technique, les bacs, la rangée de fauteuils, le sous sol avec les salles de massage, de soins, l’espace ongles et manucure ou maquillage, la pièce VIP… (j’y passe une tête d’ailleurs, pour m’imprégner du passage de Roger, et de son épouse également me dit-on – et constate donc émue que le champion vient se faire coiffer en famille, c’est BEAU !)

J’attends mon Art Director qui a exactement l’identité capillaire pour faire son métier : un buisson de cheveux bouclés et crépus qu’on devine indomptables et qui fascine les filles comme moi qui n’ont jamais su ce qu’était, ne serait-ce qu’une micro bouclette, une infime vaguelette : Moi et ma chevelure raide de walkyrie… (l’article serait cent fois plus drôle si je racontais mon test permanente années 80, mais malheureusement l’album photo m’a été brutalement arraché lors d’un incendie isolé il y a 10 ans).

Guy est passé chez Toni and Guy à Londres et Paris, puis chez Dessange et a été à son compte à Bâle… c’est drôle de conjuguer des tendances de coiffures aussi opposées, le côté latin glamour du pro du blond, avec l’école anglo saxonne ultra décalée, le Maestro a su donc assimiler les deux écoles en affirmant sa propre identité. Je vois mal comment je pourrais être ratée ! Piquetage, dégradé, undercut… les cheveux coupés tombent mais la vraie longueur reste presque la même … fascinant ! ma sacro sainte mèche qui pourrait me pousser au meurtre si on la coupait, est « travaillée » mais conservée ! (subtil n’est-ce pas ?) résultat je secoue la tête, les pointes rebiquent sur les épaules en toute légèreté les longueurs sont restructurées ! la mèche se remet toute seule sur le côté, wouaaahhouu !

Un petit coup de sèche cheveux, la coupe est revisitée à sec, de la cire pour froisser, un nuage de spray pour lustrer… Oh non c’est déjà fini !

Du coup j’en ai même oublié Roger Federer dans tout ça… moi qui voulait vous filer des infos, la seule que j’ai pu obtenir c’est qu’il a le cheveu court (de tennis bien sûr).

J’aurai pu mettre une photo du résultat, mais elle ne servirait à rien, vous ne sentiriez pas la différence… comment juger du succès d’une coupe si on ne la porte pas, ou bien alors vous cesseriez même de rêver, et cela, jamais je ne l’encouragerai, ni ne le permettrai… alors si vous passez par Bâle, pour la foire d’art Contemporain, (Art Basel) une des nombreuses sublimes expos du coin (Beyeler, Vitra, Fondation Tinguely …) ou si vous avez un rendez-vous pro chez Ciba essayez l’expérience AVEDA…

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1 Comment

  • Reply Janine Z. 22 mai 2011 at 9 h 10 min

    Je vais souvent dans ce salon;hélas encore jamais vu Federer,
    mais un jour ,j’ai admiré une magnifique brésilienne!
    Le salon est chouette,chic,on vous masse le cuir chevelu,comme nulle part ailleurs!Bref on s’endort.

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