Art & Expositions J'ai testé

Se Braquer au Grand Palais

19 octobre 2013

Braque, l’expo

« Faut pas se braquer » qu’on me répète à tue-tête. Hein t’es pas d’accord Georges ?

Et pourtant parfois y a de quoi, se faire envoyer péter, sur les roses, communiquer avec des gens qui n’ont jamais le temps de vous entendre, encaisser les sermons pour laisser les egos s’exprimer… Coordonner des gens qui n’ont pas envie de collaborer, courber l’échine qui a perdu en muscles depuis la grossesse, ça tire et ça brûle, mais faut céder, sourire et continuer à avancer. Fermer les vannes de la répartie, se faire tout petit pour pas emmerder, pour pas déranger.

Alors c’est sur, c’est pas dans ma nature, ça se rapproche dangereusement de ce que je déteste le plus : SUBIR, bien entendu, ça me fout une humeur de chien, de Braque de Weimar plus précisément. Mais pas avec des « Crottes, Zut, ça suffit, je vous demande de vous arrêter ! » Avec un bon caractère Est allemand plutôt.

RIP Guido …

Fermons la parenthèse. (accolade n’est pas un mot utilisé là où je suis). Et dans ces moments moisis de la vie, ce qui me fait du bien moi, c’est l’Art. Mais pas flâner dans un musée rempli de connards à la retraite qui vous bousculent parce qu’ils ont eu le coupe file du siècle, pas de partage à la noix, ou d’échange avec mes congénères, Non, mon kiff à moi c’est d’être en tête à tête avec la peinture. Elle me soulage, et m’apaise. Alors comme je n’ai plus de voix pour faire la guerre, je me suis barrée plus tôt en semaine, absolument pas pour des raisons de shopping, ni même pour retrouver ma nounou championne internationale de la tronche de cake, avec ses mensonges et sa démission (salvatrice !). Mais bien en mode PRIMAIRE pour me reposer l’esprit, le moral et les yeux en regardant des couleurs et des formes ! (putain mon ex prof d’histoire de l’art me filerait un zéro).

Quoi de mieux d’aller se Braquer toute seule comme une grande à l’expo Braque du Grand Palais ?! Pour un vendredi soir je ne vois rien. (Moui un ballon de Loup dans La Bergerie pourrait rivaliser)

 

Et je n’ai pas été déçue… enfin pas complètement disons. La teneur des propos était bien adaptée à mes sentiments « Une toile fauve qui ne rugit pas » C’est à peu près ce que je suis devenue, et même si ça ne me ressemble pas tout à fait, ceci me livrera par la suite bon nombre de précieux enseignements j’en suis sûre. Alors je serre les dents.

 

 

Mon moment extatique, fut la période fauve de Braque, qui de 1905 à 1908 nous fait du petit paysage lumineux et sérieusement porté sur le mauve jauni. Le Cubisme lui m’emmerde. Et me rappelle trop les petites cases dans lesquelles ils faut réussir à rentrer; mais n’empêche, quelle matière et quelle touche.

 

J’ai contemplé sans retenue ses nus un peu mous, qui donnent envie de plonger dans la chair rassurante de ces grosses dames. J’ai été réconfortée par cette immense nature morte brune, j’ai failli pleurer devant « 5 bananes et 2 poires » c’est dire l’état d’épuisement.

J’ai été saisie par la dualité des natures mortes, où les sujets vont par deux, deux objets, deux fruits, deux poissons. Comme quoi faut être deux pour se braquer, au moins. A plus c’est un braquage.

Les poissons noirs

Et puis pour finir le parcours, les célèbres oiseaux, en papiers découpés, comme une invitation à distancier, à prendre de la hauteur… pour survoler toute cette merde, qui vue du ciel ma foi, est un minuscule étron dans l’immensité complexe de la vie.

Aujourd’hui j’ai vu Braque et ma colère s’en est allée …

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