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La maison de Léna

Fashion & Design Tendances Lab

DESIGN TRENDS

19 février 2015

Quoi de neuf dans la maison ?

 

Maison & Objet est loin derrière nous, les pou-pouilles d’Ambiente viennent à peine de remballer.

Après avoir vu, touché, senti, regardé, photographié, dis bonjour à untel, souris, porté un quintal de catalogues, claqué la bise à unetelle, argumenté, analysé, été ignorée par ma friend qui s’est caché pour ne pas nous voir (nouveau concept-tord), j’ai digéré mes visites et farfouillé dans mon musée d’images personnel…

Ce qu’il en ressort : 10 tendances DECO à suivre … ou pas.

1. L’accumulation

Pour une fois qu’on peut en mettre partout. Le même produit dédoublé, multiplié, pour lui donner encore plus de force. Je suis sensible aux murs remplis de miroirs, ou à ce défilé d’assiettes, principe merchandising somme toute assez courant chez les acteurs du secteur (Royal Copenhaguen, Paola Navone, Conran Shop …). Cette tendance là a beaucoup d’années devant elle.

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Chez Vitra à Weil am Rhein

2. Le Cuivré

résiste … encore très fort. ça fait bien plus d’un ‘couple of years’ que le matériau fait rosir nos objets. Sur les meubles, les vases, seul ou mixé à d’autres matières. C’est un métal que j’aime d’amour, vraiment. (cf. mon article à ce sujet il y a un petit moment déjà, ici). A foison sur Etsy, chez Anthropologie. Un Tom Dixon en a fait son fond de commerce et pour un peu Villedieu-les-poëles est en passe de devenir le spot le plus stylé de 2015.

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L’hOtel MOndrian de Tom Dixon, à lOndOn

 

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Photophore MENU

 

3. Le Rotin

Le rotin, c’est mon addiction, mon crève coeur. Sur mon profil facebook récemment je commentais encore cette nouvelle fraîche d’Ikéa en plein lancement de sa collection capsule de rotin et de vannerie. Je vous en fait un copié-collé. Car je n’ai pas le courage de me répéter : « Ah nous y voilà le rotin, la vannerie ! Juste l’ADN de feu ma petite société « La maison de Léna ». Structure trop petite pour importer des containers d’Indonésie, un Made in France que je ne regrette pas mais qui m’a coûté cher… Être en avance aussi. Mais ce fut innovant. En 2007 le monde entier méprisait le rotin. Être à la mode c’est bien. Ça fait vendre. J’ai des mails plusieurs fois par mois de personnes qui souhaitent acheter mes produits. J’ai très envie de recommencer l’aventure. Aujourd’hui j’ai plus de recul et d’outils. »

Bref aujourd’hui tout le monde en veut, les bobos achètent les structures de lits de leurs enfants en rotin, se découvrent des passions pour le cannage français, chinent les miroirs en photo plus haut – et ont dépassé le stade du « ah oui je vois c’est le fauteuil d’Emmanuelle ». India Madhavi sait de quoi je parle, elle l’aime le rotin, depuis toujours.

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La Chimera de Samuel Accoceberry

 

Bambini 03 fév 09Mon fauteuil Cabane, pour le Magazine italien Bambini

 

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Jaime Hayon

4. Le verre coloré

Peut être l’une des plus belles tendances déco du moment, très répandue en luminaire, il suffit de voir les Pulpo, Brokis, Poetic Lab, Glas Italia, et j’en passe. Les vases en font partie aussi, prouvant chaque jour que 1. on a pas besoin de mettre des fleurs dedans et 2. que l’accessoire sert aussi à vendre les grosses pièces. Une recherche semble en cours sur le verre irisé, argenté, hologramique presque …( ça se dit hologramique ?). Le verre coloré, comme toutes les pâtes de verre, ou de cristal sont des leviers forts de désirabilité, ils font envie, leur transparence, leur dégradé, un truc vibrant, en rapport avec l’émotion, c’est sûr.

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version Patricia (Urquiola)

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version (saint) Sebastian Herkner

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version cardiaque Eva Milinkovic

5. La nature

ça parait con-con, le truc dont on parle tout le temps, l’écologie, le green, « la ruche qui dit oui », la detox archi bobo (d’autant qu’on a hyper faim !) et tout mais n’empêche … La nature pour moi elle est comme l’art, elle donne de l’interêt à la vie. Elle ressource, et ce, même si l’on n’est pas très honnête en geekant comme un malade sur son smartphone dans les champs (oui en plaine, à Hirtzfelden on capte !). Il y a quelque chose à voir avec le regard, qui se perd, qui pour une fois peut aller loin. Normal que les designers qui sont les meilleurs piffeurs au monde, en mettent dans la maison. On fait pousser ses herbes, on imite la danse de l’eau (Poetic Lab) on fait grandir ses poissons (Matthieu Lehanneur depuis 2008 entre parenthèses), et, plus access on ouvre son intérieur aux imprimés végétaux, aux feuilles, aux fruits, aux animaux … (Broste Copenhaguen, Frohstoff …)

 

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Local River – M.Lehanneur

 

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La nature chez Daum, l’adn

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imitation de la nature façon Poetic Lab

 

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 PCM Design, la nature moulée

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Bienvenue21, du papillon presque vivant

 

6. Le marbre

C’est la Deco qui s’embourgeoise tout en restant très graphique. En même temps, le marbre ça vit, il y a des veines dans ce matériau là, de l’aléatoire, et malgré le caractère froid dont il essuie souvent les critiques, il est aussi sensible que solide. Il a fait son arrivée la saison dernière et la tendance semble s’affirmer. Ayant récupéré la Table Knoll de mon enfance, qui est arrivée la même année que ma soeur, en 1975, malgré sa légendaire solidité, la voyant désormais chez moi, j’y ai vu aussi, mes petits coups de fourchette, mes tables de multiplication, mes révisions du BAC, les repas du soir, les premiers cendriers, plein de potes autour (dans mon souvenir je ne pensais pas qu’on pouvait en mettre autant). Aujourd’hui les purées tomatées de mon fils semblent tatouer la matière, je le vois y lire son tchoupi et cogner ses camions. C’est beau un meuble qui vieillit.

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magie de Pinterest

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pour de faux, H&M

 

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Mauricio Galante x Cerruti

 

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Margaux Keller pour Roche Bobois

 

7. Le Wording

Enfin le droit d’ouvrir sa ….. ce n’est plus l’apanage des vieux ! (j’en connais qui sont pas si vieux et qui l’ont toujours ouverte, à parler à tort et à travers, par pur plaisir de voir les humains s’étriper. j’ai pas encore la recette pour faire taire ces gens là). Puisqu’on est pas assez vieux – et trop bien élevés – pour oser dire ce qu’on pense (ralala, je me brime souvent vous savez, Benoît si tu me lis, c’est pas easy ne rigole pas !) on s’exprime à la maison, des lettres, des initiales, des mots entiers parfois, des prénoms, des interjections, des devises qui tiennent à coeur (Leave me alone, bitch ! ) en carton, en métal, en papier, ou à leds. Ils sont nombreux les Kidimo, Seletti, Marilème à écrire leur déco. Nous à la maison on a été jusqu’au lalala. façon typo de BE PÔLES au dessus d’un bureau. Et dernièrement j’ai craqué pour un petit OUI! turquoise de chez YouTalkingToMe marque que j’avais fait venir à noël au BHV (c’est bon les mots positifs).

 

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 YouTalkingToMe

 

merci

Kidimo

 

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Seletti

8. L’aquatique

Et d’ailleurs le monde marin en général, soit façon cabinet de curiosité avec des coraux, des organismes translucidement mous (méduse, anémone et puis je pense aussi à quelqu’un d’autre hahaha !) – comme les créations de Vox Populi ou de Gilles Caffier, les céramiques de FOS Ceramiche – soit le champ lexical du reflet, des encres délavées, de l’eau. On retrouvera donc dans ce registre les deep dye, et tie and dye, la vaisselle japonisante, les vagues clapotantes, les écailles irisées aussi bien sur le textile mode (défilé Rodarte, Blumarine, Iceberg) que dans le linge de maison (Baan, Colonel …). On se souvient aussi des algues des Frères Bouroullec qui font écho à la façade du Mucem à Marseille.

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Vox Populi

 

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L’expérience Ithaa Undersea aux Maldives

 

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les résines « habitées », Bleu Nature

 

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Mucem par Rudy Riccioti

9. Le vert

Je le sentais arriver ce vert, j’ai une envie de vert depuis quelques mois. Toutefois il est souvent boudé en deco et sur le red carpet (vert et rouge traduc : déco de noël – et puis ça porte malheur aux stars, comme on en est pas on s’en fout un peu, NDLR). Pas facile à choisir, à accorder, la palette est large. Du vert anis, ou du vert bouteille, du kaki ou du gazon. Gros dilemme. Il est magnifique en petites touches – une nappe, un coussin, un unique mur, un sac Balenciaga à 1400 balles – ou sur un fauteuil, un petit meuble. C’est simple, le vert c’est pour ceux qui osent pas le jaune ! plus calme et tout aussi énergisant. Moi je trouve ça kiffant le vert, (le jaune aussi remarque) j’en ai beaucoup chez moi; ma salle de bain est vert grisé, le mur de mon salon est Citrine, mon paravent en feutrine, une de nos lampes et tout récemment ma jupe de saint Valentin (Mon valentin est vert aussi) – oh oui ça va hein, vous êtes nombreuses à trouver ça moisi et puis vous êtes bien contentes quand IL y pense et fait un cadeau ! -. je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais faites vous plaisir les verts du moment sont beaux, beaux, beaux !

 

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 banquette Patricia Urquiola

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10. Le fil

Liane naturelle ou fil de scoubidou, fil d’osier, de coton ou de plastique. Il est là le fil hémophile, soutenant nos fesses, nos livres ou nos fleurs. Tressé aussi parfois.

 

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Le fameux projet PET lamps

 

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Stephen Burks

 

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vases Jun Murakoshi

 

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Elsa Randé

 

 et si jamais il y avait des petits soucis de © de photographes que je n’ai pas trouvé, un petit mail à sophie@mymillionfashionblink.com – et je m’occupe de rendre à César …

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J'ai testé Love +++

I laine you

24 octobre 2014

Wool ah !

Aujourd’hui j’ai testé : Tricoter mon petit pull de take away !

Ce matin j’ai reçu un cadeau. Un paquet qui sentait bon, mais alors trop bon ! Sous le papier de soie étoilé et parfumé, un kit pour me remettre à tricoter (là je râcle hum, hum depuis le point mousse que m’a appris ma maman pour confectionner une écharpe pourrie à ma Tinie … je n’y ai pas remis les pieds, enfin les doigts !)


Et un coup de coeur comme ça, ça ne s’ignore pas !

Destiné à emporter sans me brûler les mains mon p’tit café-Jean Pierre au bureau je découvre un ravissant sac de coton écru, des aiguilles géantes en bambou, une pelote de Mérinos orangée, des tas de cartes colorées (tiens il est pas mal le brun sur la photo, je me demande si il sera à Who’s next la semaine prochaine …) des étiquettes sérigraphiées, des petits sachets adorables, une notice dessinée et Oh surprise des bonbons ! mais purée qu’est ce que ça sent bon dans ce paquet, c’est du musc du patchouli nan allez sérieux c’est quoi ?

Je lis des mots doux comme la laine contenue dans le colis : Peace, Wool, Hyper facile, Supra doux ! se Slow Manager… déjà ça donne envie de lover, lover sa journée, lover sa vie et lover bien entendu son petit pull de coffee cup pas encore tricoté … Je découvre donc cette nouvelle marque dont l’univers me séduit. Peace and Wool donc « imagine des accessoires et des vêtements très faciles à tricoter, par des gens comme nous. ../ les notices sont limpides, les laines 100% naturelles et de très grande qualité pour que les pièces que tu vas tricoter durent longtemps et que tu te sentes bien dedans ».

Une petite résistance indignée (sont trop fort chez Peace and Wool comment ils savent que j’aime bien résister et m’indigner ?!)

Et là tenez vous bien. Lisez ce qui va suivre c’est juste un peu comme je voyais la vie du temps de ma Maison de Léna : « Tricoter c’est renouer avec ce que l’on a oublié de nous apprendre, parce que nés dans le prêt à consommer (euh dans les années 75 on faisait aussi du point mousse et de la purée maison), c’est aussi fabriquer quelque chose, donner de son temps et de son attention, donner du sens à donner, donner de ses mains. »

Normalement ça doit donner ça, j’ai hâte ça va être grave stylé !

Bon faut absolument que je tricote mon petit pull de Take Away me dis-je sans plus tarder. Vite vite je déplie la notice ! ça tombe bien le niveau de difficulté est Beginner. Genre. Aucune excuse pour me planter, en une demi heure c’est plié, j’aurai mon petit pull de take away !

Une illustration didactique, plein de petits shémas … y en a beaucoup quand même pour un si petit pull. Je commence à suer, j’ai l’impression qu’ils minimisent la difficulté en imprimant YOUPI.

Puis je déplie la notice baptisée B.A BA du tricot

Comment dire, je crois que je suis con, je ne sais pas « monter 26 mailles » ! je sais monter des blancs en neige, monter à cheval, monter les escaliers, monter dans les tours, monter une surprise Kinder, monter sur mon amoureux tout émoustillé (j’ai testé si y a pas de cul dans un article les lecteurs décrochent), mais là ils m’ont séché chez Peace and Wool, j’en suis qu’au numéro 1 du B.A BA et les 26 mailles, je vois pas comment me les cogner ! La honte je décide de NE PAS téléphoner à ma mère, ni à COCO qui se fouterait bien de ma gueule.

J’essaye au moins de faire le noeud coulant

Je crois qu’il s’écroule coule bien là ! bon ça fait déjà 15 minutes que je m’excite et normalement je dois finir dans 1/4 d’heure. J’ai les doigts moites et je pense à ma copine la Miss K qui écolo comme elle est, aurait déjà monté toutes les mailles, changé de pelotes deux fois et le triomphe humble viendrait agiter son p’tit café Starbucks avec son petit pull de Take Away installé dessus !

Je prends un bonbon pour déstresser

C’est vrai que les notices sont limpides, le petit détail est qu’il faut juste savoir tricoter ! Les mailles à l’endroit, à l’envers, je me rappelle plus comment je faisais pour cette pourriture d’écharpe de poupée Tinie (qui entre autres faisait pipi) !

Tout en suçant mon bonbon, je me caresse doucement le visage avec le Mérinos, pour oublier que la sensation de mon petit pull de Take away sur mes mains crevassées de froid, je risque pas de la connaître ! Il me reste 5 minutes, je sens que je vais fourrer la coffe cup dans la pelote.

j’en suis à ça

Là il me reste 3 minutes je commence à m’encourager comme le faisait Philippe Lucas avec Laure Manaudou, j’ai les lèvres qui tremblent mais non je ne pleurerais pas, espèce de blondasse incapable « de donner du sens à donner« , infoutue « de donner de ses mains » !

30 secondes, je décide de faire une sculpture de Take Away .

Ta dahh !

Alors oui je m’adresse à toi Peace and Wool, j’adore ton concept, le ton et le coeur que tu y mets, j’adore ton ténébreux mannequin d’écharpe, ta petite saucisse d’amour emmaillotée dans son mérinos douillet, mais pitié viens me donner des cours de jersey !


www.peaceandwool.com

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Un brin (de) naturel

8 février 2011

Chassez le naturel … il revient au galop

L’année dernière, je dirigeais encore La maison de Léna, feu ma petite entreprise (chérie). Celle-ci vous le savez se distinguait depuis 2006 par ses petits fauteuils pour enfant, aux couleurs claires et si légers en cannage et rotin écorcé (la petite chaise Léna ou le célèbre fauteuil Cabane…), presque toutes mes collections de mobilier étaient non seulement fabriquées en France mais déclinées dans ce matériau magique et 100% naturel.

J’avais donc été ravie d’observer dès l’hiver dernier, que les poupées du noël russe du Printemps Haussmann étaient faites entièrement en osier, et leur têtes messieurs dames étaient même tressées – par mon fabricant soit dit en passant – qui réussit l’exploit de réaliser des matriochkas géantes, dont une haute de plus de 5 mètres pour illustrer le thème slave du magasin.

Puis la tendance se durçit en mars 2010, et quelle ne fut pas ma joie de ressentir ce retour aux matériaux naturels dans les accessoires, je me souviens encore du soutien gorge en fibres d’osier Fabrics Interseason du n° 3351 de ELLE Magazine…

Puis l’été dernier j’avais succombé aux sandales en fibres naturelles tressées de Robert Clergerie (qui malheureusement n’avaient de naturel que la matière et non la demarche que vous vous chopiez avec ces péniches en raphia!)

J’avais donc jubilé en observant une augmentation sensible de mes commandes de mobilier, notamment de la part des pays de l’Europe du Nord et la Suisse mais aussi curieusement en sens inverse: from Greece ! et en sens non interdit (USA !)

La france elle, continuait à bouder…. Comme d’habitude j’ai envie de dire. Bien sûr chez nous, l’un des premiers à mettre en avant cette technique ancestrale fut Christian Dior qui fit du cannage une signature iconique en empruntant le motif pour les boîtiers de ses lignes de maquillage, palettes de fards, ou tubes de rouges et pour “gaufrer” ses sacs à main, ses flacons de parfum…

Puis plus récemment, Hermès, qui vient de dévoiler son nouveau monde rive gauche, dans le site de l’ancienne piscine du Lutetia – là aussi, l’hommage à la fibre naturelle est grandiloquent, comme l’est aussi celui du savoir faire qui aujourd’hui ne signifie plus des produits bien faits pour tous, mais des produits bien faits pour un (tout) petit nombre … L’excellence du luxe donc. La décoration ici se déploie en plusieurs gigantesques volutes de bois clair, du bambou, des fauteuils de salon de thé en moëlle de rotin et des cocons végétaux tout droit sortis de Pandora, c’est une splendeur !

Le plus fort, c’est que, depuis, La maison de Léna a cessé son activité, la tendance non seulement se confirme mais fait preuve de durabilité ! ce qui avouez est un modèle du genre dans le cycle infernal de la nouveauté en langage ‘Fashion’ évidemment – je me félicite d’autant plus d’avoir reniflé la tendance si tôt…

Et ce fut une lutte croyez-moi pour faire oublier auprès de la clientele française les culbutes de Sylvia Kristel sur son célèbre fauteuil en rotin, pour réhabiliter ce matériau extraordinaire, si souple et si léger, un travail au corps pour faire changer d’avis les mous du genou hantés par des colonies de sous-bock en cannage, de corbeilles à pain ou de fauteuils pour enfant non écorcés que toute maison de famille qui se respecte a dans ses greniers.

Chassez le naturel me direz vous il revient au galop, et j’espère bien revenir même au petit trot… parce que de voir crever nos fabricants français garants de savoir faire rares, c’est une honte pour nos capacités, nos métiers, cela revient à faire mourir le patrimoine de notre pays. Et moi j’ai pas les sous comme Vuitton ou Hermès pour les racheter ces trésors là.

Puis il y a quelques mois, en feuilletant l’Officiel spécial accessoires Printemps-Eté, quelle ne fut pas ma surprise en admirant au fil des pages ces brins naturels enlacés! Non seulement Clergerie nous ressort au détail près, exactement les mêmes sandales que l’été dernier (a t-on jamais vu ? c’est LE challenge du moment, qui secoue littéralement la théorie de la capsule qui sévit depuis plusieurs années, et d’ailleurs rien que dans l’idée de faire de la mode avec du réchauffé, ça me plait bien) magnifiquement belles au demeurant mais qui rendraient éléphantesque même une liane de podium.

Marc Jacobs, Roger Vivier, Gucci, Stella mc Cartney, Burberry (depuis 2008 déjà)… Les créateurs s’imposent à grands coups fibres naturelles, la corde des sandales compensées, le raphia, la ficelle, l’osier. Gucci propose donc pour cet été des ankle boots qui ressemblent à mon fauteuil Cabane, Stella Mc Cartney des sacs à main en cannage français…

Bien decidée à lui faire part de tout cela, je suis donc retournée à Rémilly-sur Lozon et j’ai interviewé mon fabricant Olivier Lehodey vannier depuis 1864, pas moins de 4 générations, qui dans un contexte de folle mondialisation, se demande sérieusement si il y en aura une 5ème…

Sophie Z : Depuis quand utilise-t-on les propriétés des matières naturelles pour notre vie quotidienne ? Et quelles sont les techniques de fabrication ?

O.Lehodey : Depuis la nuit des temps, les matières naturelles notamment végétales sont utilisées dans la vie quotidienne. Ainsi l’osier qui provient d’un saule (salix), a rempli une multitude de fonction. Les techniques de fabrication sont simples : il suffit d’entrelacer les fibres végétales pour ajouter la solidité à leur souplesse légendaire.

S.Z : Du fait qu’il soit entièrement manuel, comment ce savoir faire peut-il résister à la globalisation et aux faibles coûts de main d’œuvre proposés par l’Asie, l’Indonésie ?

O.L : Effectivement, le métier de vannier est resté 100 % manuel car la matière s’avère « capricieuse » (dans sa forme, sa résistance, sa souplesse, son taux d’humidité donc sa flexibilité…) et seule la main de l’homme peut, de manière rentable, « sentir » évaluer chaque brin. On parle alors de l’intelligence des mains qui ne sera évidente qu’après de longs mois d’apprentissage jusqu’à ce que chaque geste devienne un réflexe. Face aux faibles coûts de main d’œuvres de l’Asie, la Chine,  etc…. Ce métier disparait en France : à ce jour il reste moins de 120 professionnels contre 15 000 en 1950. Pour rester « entreprise Française du Patrimoine Vivant », le sur- mesure, la qualité de la matière et du travail, le délai d’exécution, la ligne (le design) et la rareté des exécutants sont autant d’atouts décisifs.

S.Z : Je sais pour avoir travaillé avec toi, que tu détiens un savoir faire unique, comment le préserver, le protéger ? Ou même donner l’envie de perpétuer cette tradition, ce métier ?

 

O.L : C’est vrai que nous sommes une espèce en voie de disparition ! Pour préserver et protéger ce savoir faire ancestral, il faut se regrouper, communiquer, rester tendance :  Il faut être passionné, fier de ses racines, habile de ses mains, libre dans sa tête face à ce monde qui devient virtuel.

S.Z : La maison de Léna a été sensible à ce matériau pour ses propriétés naturelles et fonctionnelles uniques, d’autres designers ont manifesté de l’intérêt pour le rotin, lesquels ?

O.L : La sensibilité au matériau est importante pour le public : l’osier et le rotin, passent pour des matières «usées » (sauf le rotin dit synthétique, où l’on perd tout le sens de la matière naturelle !!).Or, un désigner aura de par son regard une approche totalement inversé sur ces végétaux : s’ensuit des lignes fluides, harmonieuses élancées, chaleureuses, contemporaines, futuristes pourquoi pas ? ! La main de l’homme est là pour transcrire l’idée, lui donner corps et âme : l’osier transpire l’homme. Ainsi, Matali Crasset, Domeau & Péres ont précieusement dans leur carnet d’adresses le nom de ces magiciens du saule.

S.Z : Et si l’on parle écologie ? C’était un point que je souhaitais tout particulièrement développer pour ma marque, on y était parvenu avec les vernis, quel est ton parti pris là-dessus ?

O.L : D’un point de vue écologique, la vannerie est très bien placée :  travail 100 % manuel, utilisation d’une matière végétale, solide, légère, souple, biodégradable. C’est un matériau sain qui ne subit aucune transformation chimique si ce n’est l’ardente passion du tresseur. De plus en plus de finitions sont à base d’eau mais par la même plus délicates à utiliser (temps de séchage, recouvrance, résistance…). Les fabricants y travaillent et nous serons bientôt en mesure d’utiliser des gammes de laques cellulosiques qui respectent à la fois l’environnement et aussi les hommes, que ce soient nos ouvriers en ateliers ou les utilisateurs chez eux.

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